101ème anniversaire de l’Armistice du 11 Novembre 1918

 La cérémonie de commémoration s’est déroulée ce matin au monument aux morts de Ghisonaccia rassemblant de nombreuses personnes. Le Maire de Ghisonaccia a tenu a rendre hommage aux Marcaggi père et fils dans son discours en racontant leur mort tragique au combat :

Je voulais rendre un hommage spécial aux Marcagi Pere et fils.
En vous racontant leur tragique histoire, celle de la mort au combat d’un père et d’un fils.
Ils sont pour moi un symbole du traumatisme qui toucha presque chaque famille de cette terre de Corse et de France.
Antoine, retraité après 15 ans de carrière dans l’armeé vit seul à Paris depuis la mort de sa femme quand débute le conflit.
Il ne revoit que très peu son fils Paul, artilleur, envoyé sur le front de Verdun.
A 53 ans, sa décision est prise, il va s’engager pour la durée de la guerre pour défendre la Nation et pour espérer revoir ce fils tant aimé.
Le voici parti à l’assaut, dans un premier temps, des ministères et des mairies pour faire accepter ce projet d’abord rejeté par des employés moqueurs qui lui disent : “plus tard bon papa, laissez la place aux jeunes”
Mais, insistant encore et encore, il finit par être incorporé.
Il ne demande alors aucune faveur, aucune exemption et après une semaine de longue marche rejoint le secteur de Verdun avec le secret espoir de revoir son cher fils.
Blessé, lors d’une attaque baillonette au canon, qu’elle ne fut pas la surprise de Paul de retrouver son père à l’hôpital de Verdun alors qu’il l’imaginait chez lui à Montmartre en train de s’adonner à sa passion, la peinture.
Après 45 jours de soins, il demande à rejoindre sa compagnie après une longue et dernière étreinte avec son fils.
Le 17 février 1915, la 6 eme compagnie doit s’élancer la première et Antoine souriant montre alors à son chef sa poche remplie :
« mon lieutenant, c’est le drapeau que je vais planter en haut de la butte »
Hélas, à 15 heure, une balle atteint le vieux poilu en plein front.
Le sous-lieutenant Peraldi anéanti lui rend un dernier hommage en ces termes : « Caporal Marcaggi, mon cher ami ami et compatriote,
artiste au noble cœur, qui a dédaigné le le repos pour te sacrifier à l’idéal sacré.
Nous t’aimons comme un père dont l’exemple restera à jamais dans nos cœurs,
nous te vénérons comme un martyr,
nous t’admirons comme un héros ».
Paul-Louis Marcaggi , ne cessant de suivre le modèle tracé par son père, poursuit alors le combat.
Il se distingue en remplissant des missions pour lesquelles il est volontaire avant d’être nommé sous lieutenant et détaché dans une escadrille.
De combats épiques en combats épiques,
De citations en citations, il va par son courage se couvrir de gloire.
Mais, à 26 ans, le 24 janvier 1918, il ne sait pas encore qu’il s’envole pour son dernier voyage.
Après une dernière mission accomplie et réussie, alors que son avion entame sa descente, celui-ci s’écrase au sol.
Terrible destin dans un moment où la mort semblait vouloir donner un peu de répit.”

Une minute de silence a également été observée à la mémoire de Christelle Pantani :
« Aujourd’hui, je veux également avoir, avec vous, une pensée forte pour une femme,
Elle aussi engagée et dévouée aux service des autres dont le destin a voulu qu’elle s’éloigne de nous trop tôt.
Je vous demanderai donc une minute de silence en hommage à Chrystelle Pantani qui prenait régulièrement ses gardes en tant qu’infirmière au SMUR de Ghisonaccia et qui nous a quitté brutalement en début de semaine laissant un grand vide autour d’elle. »

Le verre de l’amitié était ensuite offert dans la salle des fêtes de la Mairie.